Comment les français vivent-ils le confinement ?

La France a choisi de combattre la pandémie du Covid-19 par le confinement. Depuis mardi 17 mars dernier, les Français ont pour consigne de ne sortir de chez eux que par nécessité. De plus en plus de villes françaises instaurent un couvre-feu, généralement de 21h à 6h du matin, à l’image de Valence et Romans qui furent les premières en Drôme « à dégainer » cette mesure de restriction supplémentaire.

Nous ne sommes pas tous égaux face au confinement

Pour Bertrand Vannier, psychopraticien titulaire d’un Master de Psychologie Clinique, en exercice depuis 15 ans, les plus solides, soit 20 à 30% de la population, vivront ce confinement « comme une expérience positive ». Renforcement des liens filiaux, (re) découverte des plaisirs simples et partagés avec ses proches (jeux, loisirs, cuisine, etc.), communication accrue avec les personnes éloignées ou seules, solidarité entre voisins, etc. Certains apporteront même des changements profonds dans leur vie « d’après confinement », en accordant d’avantage de temps à eux (sports, loisirs, bénévolat,…) et à leurs proches.

Les plus fragiles, 10 à 20% des Français, nécessitent un suivi renforcé sa basant sur la récurrence d’un leitmotiv : « accepter la réalité de ce l’on vit et évaluer factuellement le risque réel de la maladie. Insister sur le côté temporaire, de la situation et surtout, se projeter au-delà de la période de crise ».


Ça va se compliquer…

Mais pour les autres, le «ventre mou» qui représente environ 50% de la population, qu’en est-il ? « Les réactions sont imprévisibles. Si le confinement s’installe, nous observerons une montée de la frustration, des pertes de contrôle, des transgressions des règles établies car certains ne verront plus aucun aspect positif à cette situation et développeront un état d’angoisse et de dépression. C’est à partir du lundi 30 mars que la situation va devenir plus tendue. Les 15 jours qui suivront seront durs » prédit le psychopraticien.

L’école à la maison aggravera la fracture sociale ; les difficultés financières, sociales, relationnelles liées à une situation de crise qui s’installe réduiront l’optimisme et la solidarité des premiers jours comme peau de chagrin.

Quelques conseils pour anticiper la descente

Mais il existe des parades à cette situation dont la toxicité est entretenue notamment par les médias nationaux qui relaient inlassablement le taux de mortalité d’heure en heure. « Respirer, s’hydrater, dormir, faire attention à son hygiène alimentaire, prendre soin de soi, exercer une activité physique de 30 mn par jour, cuisiner, jouer avec ses proches, réparer sa maison, trier ses papiers et ses vêtements, ranger ses armoires, régler tout ce qui est en attente, renégocier ses contrats d’assurance, entretenir le lien avec sa famille, ses amis en appelant très régulièrement. Faire un prévisionnel financier : même si cela fait peur, il vaut mieux regarder la réalité en face plutôt que de faire l’autruche ».

« Il faut, le plus possible, faire de ce confinement une opportunité dans sa vie et non une contrainte. Trouver des pistes pour être productifs par exemple. Et puis, prendre conscience de tous les aspects positifs de cette pandémie : une baisse notoire de la pollution mondiale, une santé renforcée, l’importance du lien social, un rappel des mesures d’hygiène de base, par exemple ».

Confinement : combien de temps les Français tiendront-ils ?

Après une semaine complète de confinement, QAPA, la plateforme de recrutement par l’intérim, a réalisé un sondage* entre le 17 et 20 mars 2020 auprès de 4,5 millions de candidats et 135 000 recruteurs sur QAPA. Parmi ces personnes interrogées, 52% d’entre eux sont des non-cadres et 48% sont des cadres.

  • 33% des Français ne restent pas chez eux.
  • 81% des femmes et 78% des hommes craignent la notion de confinement.
  • 71% des Français pensent ne pas supporter un confinement de plus de 3 semaines.
  • 72% pensent que le confinement va nuire à leur travail.
  • Seulement 1 Français sur 2 arrive à télétravailler efficacement à la maison.
  • 57% des Français pensent avoir besoin d’un accompagnement psychologique par la suite.
  • Mais 89% des entreprises n’en proposent aucun.

* Résultats publiés le 24 mars 2020.